" Kamenashi,
Je suis désolé de vous abandonner comme ça mais je ne suis plus capable de vivre en ce monde. Je n'en ai plus la force. L'amour que j'ai pour Tomo et l'amitié que je te porte m'ont longuement aidé. Mais ce temps est finit. Je n'ai plus ma place parmi vous, je préfère me retirer.
Malgré tout ce qu'il peut dire je sais que je ne suis qu'un boulet pour Pi. Je suis sûr qu'il ira mieux sans moi. Au début ce sera peut-être difficile mais je sais que tu seras là pour lui. Tu l'aimes depuis si longtemps. Tu le mérite plus que moi. Et il mérite mieux que moi. Je vous connais assez pour savoir que vous saurez être discret et qu'il ne sera donc plus gêné par toutes les questions qui ont été posées par ma faute.
Je l'aimais. Je l'aime. Et je l'attendrais dans l'autre monde pour l'éternité. Mais je veux qu'il vive. Je compte sur toi pour l'aider.
Merci mon ami, mon frère, Kame.
Jin. "
La misérable feuille de papier glissa entre les doigts tremblant de Kazuya. Baka... Il n'avait jamais été un boulet pour leur amour commun Yamapi. Il le faisait rayonner depuis des années, et il resplendissait comme jamais depuis qu'ils s'étaient avoués leur amour. Sans Jin personne ne pourrait faire vivre Pi.
Son regard remonta et il vit deux corps allongés sur un lit. Akanishi, les yeux fermés, le visage paisible mais si pâle... On aurait pû croire qu'il dormait ainsi. Seules les profondes entailles qui lui barraient les poignets et les mares de sang qui s'étaient formées de chaque coté du lit prouvaient qu'il était trop tard.
Il sentit son coeur se serré comme jamais. Celui qu'il aimait, Yamashita Tomohisa, l'amant de Jin, ne pleurait pas. Il n'était même pas triste. Il s'était glissé dans les bras froids d'Akanishi et avait demandé à tout le monde de sortir pour ne pas le réveiller. Son inconscient avait bloqué une partie de son être. Il ne pouvait pas accepter la mort de celui pour qui son coeur battait. Son esprit refusait complétement de voir la réalité. Il ne pouvait pas voir que son amour ne se réveillerait jamais. Plus jamais.
Kame ne fit pas attention aux larmes qui ruisselaient sur ses joues. En une poignée de minutes il venait de perdre son meilleur ami et celui qu'il aimait était plus que ravagé... à ce stade il n'y avait plus de mots. Ses genoux se dérobèrent sous lui et là, à genoux il resta des heures à regarder son amour dans les bras froids de son amant. Le temps s'était arrêté.
Y aurait-il un avenir pour eux ? Nul ne pouvait le dire. Mais cela paraissait si peu probable...